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GOMAN : LE HÉROS OUBLIÉ DE LA RÉSISTANCE PAYSANNE DANS LA GRAND’ANSE.

octobre 30, 2026 ·

 

GOMAN : LE HÉROS OUBLIÉ DE LA RÉSISTANCE PAYSANNE DANS LA GRAND’ANSE.

Jean-Baptiste Perrier, dit Goman, ancien esclave d’origine africaine, associé à l’ethnie Kongo selon plusieurs récits historiques. Il participa aux mouvements insurrectionnels de la période révolutionnaire, notamment dans les montagnes des Platons, entre 1792 et 1793.Après l’indépendance d’Haïti, proclamée le 1er janvier 1804, il servit dans l’armée nationale. Il fut affecté à la région de l’Anse-d’Hainault, dans le département actuel de la Grand’Anse. Mais l’indépendance politique n’avait pas mis fin à toutes les injustices sociales. Dans les campagnes, de nombreux cultivateurs contestaient les conditions de travail imposées sur les anciennes plantations et réclamaient une véritable liberté économique.

La révolte de Goman commence en 1807.

Après l’assassinat de l’empereur Jean-Jacques Dessalines, le 17 octobre 1806, le pays traversa une période de divisions politiques.
En janvier 1807, des paysans de la Grand’Anse se soulevèrent contre le pouvoir dirigé par Alexandre Pétion. Le 4 février de la même année, Goman prit la direction du mouvement insurrectionnel. Se présentant comme un défenseur de la mémoire de Dessalines, il rassembla autour de lui des cultivateurs et des militaires déterminés à résister aux autorités.Cependant, son combat ne se limitait pas à une question de fidélité politique. Il s’inscrivait également dans une contestation plus profonde de l’organisation des terres, du travail agricole et des rapports de pouvoir dans la société haïtienne après l’indépendance.

Grand’Anse, territoire de résistance
Pendant près de treize ans, les partisans de Goman résistèrent aux forces gouvernementales.

Dans les montagnes de la Grand’Anse, les insurgés s’appuyèrent sur leur connaissance du terrain, l’agriculture et des tactiques de guérilla. Leur organisation leur permit de maintenir une résistance durable malgré les campagnes militaires dirigées contre eux.
Grand’Anse, territoire de résistance
Pendant près de treize ans, les partisans de Goman résistèrent aux forces gouvernementales. Dans les montagnes de la Grand’Anse, les insurgés s’appuyèrent sur leur connaissance du terrain, l’agriculture et des tactiques de guérilla. Leur organisation leur permit de maintenir une résistance durable malgré les campagnes militaires dirigées contre eux.

Des historiens ont interprété ce mouvement comme une tentative d’organisation politique autonome, parfois désignée sous le nom « d’État révolutionnaire de Goman ».
Cette expérience historique montre que les luttes pour l’indépendance ne se sont pas arrêtées en 1804. Pour une partie de la population rurale, il restait encore à conquérir une liberté concrète : celle de vivre de son travail et de disposer des fruits de la terre.
La fin de la résistance et l’héritage de Goman
Au début de l’année 1820, sous la présidence de Jean-Pierre Boyer, les autorités intensifièrent les opérations militaires contre les insurgés de la Grand’Anse.La résistance fut finalement écrasée. La disparition de Goman est généralement située autour de février 1820, même si les circonstances précises de sa mort ne sont pas établies avec certitude dans tous les récits historiques. Mais la fin de son mouvement ne signifie pas la disparition des questions qu’il avait soulevées : la terre, la justice sociale, les
conditions de vie des paysans et leur place dans la construction de la nation haïtienne.

L’histoire de Goman nous rappelle une vérité fondamentale :

L’indépendance d’un pays ne garantit pas automatiquement la liberté économique et la justice sociale à tous ses citoyens. Dans la Grand’Anse, Jean-Baptiste Perrier, dit Goman, demeure une figure majeure de la résistance paysanne du début du XIXe siècle.Son parcours mérite d’être étudié, documenté et transmis aux nouvelles générations, notamment dans les écoles et les médias de Jérémie, de l’Anse-d’Hainault et de toute la région. Connaître Goman, c’est aussi mieux comprendre les contradictions et les combats qui ont façonné l’Haïti indépendante.

Radio Présence Fm 106.5 Jérémie by Top Eudes François Clermont.

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