Le colonel Albert Pierre, dit « Ti Boule » : un acteur de l’appareil répressif sous Jean-Claude Duvalier.
Le colonel Albert Pierre, dit « Ti Boule » : un acteur de l’appareil répressif sous Jean-Claude Duvalier.
1. Les recherches historiques sur la présidence de Jean-Claude Duvalier (1971-1986) permettent de retrouver plusieurs informations sur le colonel Albert Pierre, surnommé « Ti Boule » ou « Ti-Boulé ». Cet officier des Forces armées d’Haïti a occupé des fonctions importantes dans les services de renseignement et la police de Port-au-Prince. Il a également été mis en cause dans des témoignages et des rapports relatifs à la répression politique du régime.
Selon les archives consultées, Albert Pierre était un officier supérieur de l’armée haïtienne qui a exercé des responsabilités dans les services de renseignement et de sécurité intérieure sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier.
Son surnom, « Ti Boule », apparaît aussi sous les graphies « Ti-Boulé » et « Ti Boule ». Il est associé, dans les sources historiques, aux activités de l’appareil de sécurité chargé de surveiller, d’interroger et de réprimer les opposants au régime.
2. Son rôle dans les services de sécurité.
Les Casernes Dessalines, situées dans l’enceinte du Palais national à Port-au-Prince, faisaient partie du système de détention des prisonniers politiques sous les Duvalier.
D’après Human Rights Watch, les détenus soupçonnés d’activités politiques étaient fréquemment interrogés et torturés dans les lieux de détention du régime. Le rapport cite Albert Pierre, le colonel Jean Valmé et le major Emmanuel Orcel parmi les officiers intervenant dans les interrogatoires de prisonniers.
NB/ Le RNDDH évoque également le rôle d’Albert Pierre dans la cellule d’enquête chargée d’interroger les personnes arrêtées pour des soupçons de rébellion ou de préparation de coups d’État contre Jean-Claude Duvalier.
Ces éléments permettent de situer son rôle au sein du dispositif de sécurité du régime. Les responsabilités individuelles doivent toutefois être établies à partir des témoignages, des documents et des procédures judiciaires disponibles.
3. Sa nomination à la tête de la police en 1983.
Un article du journal Le Monde, publié le 21 janvier 1983, apporte une information importante sur son parcours.
Selon cette publication, Jean-Claude Duvalier avait remplacé le colonel Acedius Saint Louis par Albert Pierre à la tête de la police de Port-au-Prince. L’article précise qu’Albert Pierre dirigeait auparavant le renseignement militaire et commandait également le district militaire de la Croix-des-Bouquets.
4. Son départ d’Haïti après la chute des Duvalier.
Le 7 février 1986, Jean-Claude Duvalier quitte Haïti après près de quinze années au pouvoir. Dans les jours qui suivent, plusieurs responsables de l’ancien régime sont confrontés à des demandes de comptes concernant les violations des droits humains.
Un article du Los Angeles Times, daté du 25 février 1986, rapporte qu’Albert Pierre a quitté Haïti pour le Brésil avec l’autorisation des nouvelles autorités. Le journal indique qu’il avait dirigé une unité de sécurité connue sous le nom de Commission of Inquest et que des défenseurs des droits humains l’accusaient d’avoir supervisé un système de torture et de détention de prisonniers politiques.
Conclusion.
Le parcours du colonel Albert Pierre, dit Ti Boule, constitue un sujet important pour comprendre le fonctionnement de l’appareil de sécurité sous Jean-Claude Duvalier. Les sources consultées établissent ses fonctions dans le renseignement militaire, à la tête de la police de Port-au-Prince et au sein d’une commission d’enquête liée aux interrogatoires de détenus politiques. Elles documentent également les accusations de torture formulées contre cet appareil et son départ pour le Brésil en février 1986.
Recherche effectuée par Eudes Clermont pour Radio PrésenceFm 106.5 Jérémie.

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